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CO2 : la grande triche






Saviez-vous que l'Etat dépense votre argent public pour aggraver le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique est devenu un problème d’une actualité « brûlante », et la communauté internationale s’est promis de tout mettre en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et notamment les émissions de CO2.

Tout mettre en œuvre, c’est, entre autres, encourager les industries et les carburants qui rejettent moins de CO2 dans l’atmosphère. Les enjeux financiers sont considérables. Et c’est là que les partisans du « bio » éthanol, et de la biomasse en général, vont tenter de faire passer des vessies pour des lanternes.

L'avenir d'une illusion

Ils prétendent, en effet, que les industries à base de biomasse (bois, végétaux..) ne rejettent pratiquement pas de CO2 et donc, doivent être favorisées et subventionnées. On lit couramment des phrases comme : « Le bioethanol contribue au développement durable car son bilan d'émission de CO2 est proche de zéro. » (voir ici)

Bizarre…. Toutes ces chaudières, c’est bien de la combustion, donc du CO2 ? Comment font-ils disparaître le CO2 ?

En réalité, il y a bien rejets de CO2. Enormément, même, encore plus que pour le charbon ou la pétrochimie.

Plus précisément, alors qu’une raffinerie pétrolière rejette 0.31 kilos de CO2 par litre de carburant produit, une raffinerie d’éthanol bois en rejette 1,74 kilos, soit 5 fois plus…(voir la table 9 à la page 1134 de cet article; les unités ont été converties dans le système métrique).

Une raffinerie de « bio » éthanol contribue donc 5 fois plus au réchauffement climatique qu’une raffinerie de pétrole de capacité équivalente !!!

Et c'est vrai aussi pour les chaudières à bois, qui rejettent plus de CO2 que les chaudières à charbon par exemple, ou au gaz naturel (lire ici page 2.)

Mais alors, comment peut-on décemment écrire que la fabrication de bioéthanol ne rejette pas de CO2 ?....




Parce qu’un jour, un communicant a eu une idée géniale : il a imaginé que le CO2 produit par le bioéthanol était « racheté » par toute l’action anti-CO2 qu’a eue la plante avant d’être cueillie. Cela donne cette subtile dialectique :

« Le CO2 libéré dans l’atmosphère lors de l’usage de bioénergies n’est pas considéré comme contribuant à l’effet de serre, puisque ce carbone avait été prélevé auparavant par la plante.... » (p. 19 de ce document). Il y aurait bien rejets, mais rejets compensés par la photosynthèse de la plante quand elle était en vie.

Ce type de raisonnement serait à la limite valable si on plantait un arbre, par exemple, pour chaque litre d’éthanol produit, afin de compenser les émissions de CO2. Mais en réalité, pour produire de l'éthanol-bois ou pour brûler du bois, on va couper des arbres qui étaient en train d’absorber du CO2….
L’effet net ne pourra être que négatif, doublement négatif :
- parce qu’on a coupé l’arbre,
- parce que la combustion du bois (ou la fabrication du "bio" éthanol) a rejeté de grandes quantités de CO2.

Ces deux effets négatifs ne se compensent pas, au contraire, ils s’accumulent.

Le communiquant qui a fait disparaître le CO2 a fait un coup de maître, car tout le monde cite cette contre-vérité, et personne ne sait d’où elle vient. Ainsi peut-on lire, dans les documents d’experts, que le CO2 du bioéthanol est « considéré » comme nul, ou « considéré comme ne contribuant pas à l’effet de serre » (p. 19 de ce document) ou que, « par convention », ce CO2 ne compte pas (p. 5 de ce document)….

Les lanceurs d'alerte

C'est ce qu'on appelle le "mythe de la neutralité carbone de la biomasse" et heureusement, de nombreuses voix s'élèvent pour le dénoncer depuis 2011, mais sans succès. Comment a-t-on pu ignorer toutes ces études, comment peut-on nier l’évidence ?

En voici quelques exemples :

Ce rapport de Greenpeace a ouvert la voie, il est résumé dans cet article.

Toujours en 2011, cet article détaillé de la Revue Forestière Française balaye beaucoup d’idées reçues.

En 2012, le sujet est repris dans cet article de la revue « Techniques de l’Ingénieur. »

En 2016, Le Monde y consacre cet article. L’ONG hollandaise FERN, très en pointe sur ce sujet, publie également une intéressante Note d’information en 2016.

En 2018, les projets se sont multipliés. En Corrèze, par exemple, « Une usine à biomasse va stériliser la forêt », écrit Reporterre. Cet article dénonce la surexploitation de la forêt qui se prépare, et la "mascarade" qu'est devenue la transition énergétique. La centrale thermique de Gardanne soulève également l’indignation (lire ici).

Mais non, le seul mot d’ordre reste: « mobiliser la biomasse ».




C'est une mobilisation totale, avec des objectifs de rendement région par région, notamment depuis le vote, en 2014, du « Programme National de la Forêt et du Bois, 2016-2026 », adopté malgré les objections de l’Autorité Environnementale.
Il prévoit d’augmenter de 30% en dix ans les prélèvements sur la forêt française.

Au passage, ce plan est incompatible avec un règlement européen de mai 2018, qui exige qu’en 2020-2030, dans chaque Etat membre, la gestion des forêts ne devra pas réduire sa fonction de puits de carbone par rapport aux années 1990-2009 (lire ici).

Des milliards, contre le climat

La razzia sur la forêt mobilise plus que la biomasse, elle mobilise aussi des milliards d’euros. Quand vous entendez parlez du « financement de la transition énergétique », vous pouvez être à peu près sûr qu’il s’agit d’encouragements à aller couper dans la forêt.

Depuis au moins 2009, le Ministère de l’Environnement, mais aussi la Banque Publique d’Investissement ou l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) financent des « appels à projet » pour que se contruisent, en France, de bonnes vieilles chaudières à bois polluantes, rebaptisées « centrales de génération à partir de biomasse ». L'ONF, l'INRA, les Chambres d'Agriculture, les collectivités locales, etc sont aussi de la partie.

L’Etat soutient ces projets de multiples façons, entre autres, en rachetant au prix fort l’électricité produite. Les Ministères de l’Agriculture et de l’Industrie sont également mobilisés ... pour accélérer, au final, le réchauffement climatique.

Autre exemple: les carburants. l’Etat français et l’Europe considèrent comme écologique, et donc éligible aux subventions, les carburants qui réduisent de 50% les émissions de CO2 par rapport au pétrole (voir ref 1 et ref 2). Le bioéthanol est éligible, bien sûr, puisqu’il « n’émet pas de CO2 », que c’est une source d’énergie « renouvelable », un exemple de « transition énergétique », etc...

Mais cette "triche" ne rapporte pas que des financements publics, la finance privée est aussi au rendez-vous.

L’Etat français a ainsi emprunté 6 milliards d’euros supplémentaires au titre des
« obligations vertes », des instruments financiers dont le caractère "vert" relève, pour certains, du tour de passe-passe (voir ici)…

Engie (ex-GDF-Suez) a émis en 2014 des « obligations vertes » pour une valeur de 2,5 milliards d’euros pour financer des projets dans les énergies « renouvelables » (mais qui aggravent les désordres climatiques). D’où vient l’argent ? En grande partie des épargnants qui croient investir sur des fonds de placement « écologiques » ou « responsables »….


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